Je ne sais si les énergies renouvelables peuvent remplacer toute l'énergie fossile et nucléaire, mais de toute manière il n'y a aucune excuse au gaspillage de l'énergie, quelle qu'en soit sa source. Avoir "trop" d'énergie comme ce fut le cas au XXe siècle et le gaspiller faute de savoir à quoi d'autre l'utiliser, c'est manquer d'imagination, de vision. Mais restons sur terre pour l'instant...
Si les énergies renouvelables peuvent assurer le même volume que leurs concurrentes poluantes, ce n'est pas une raison pour ne pas les consommer de manière la plus efficiente possible. Et si elles ne le peuvent pas, raison de plus pour les économiser. (De toute façon il faudra se passer des dangereuses et des poluantes)
Dans tous les cas, je suis convaincu qu'il faut réduire notre consommation, dans les secteurs qui consomment actuellement.
Ces secteurs sont à diviser en deux (ou trois): d'une part la consommation domestique, et d'autre part la consommation industrielle. Et le transport, qui se situe à cheval sur les deux...
Il est bien possible que la consommation domestique puisse être réduite d'un facteur 2 à 10 sans diminution de confort (et cela n'a rien d'étonnant: pour la première fois peut-être dans l'histoire de l'humanité, pendant un siècle de progrès intensif, aucun effort n'a été fait en ce sens), je pense qu'il n'en est pas de même pour la consommation industrielle.
Je n'irai pas par quatre chemins: il faut réduire notre production industrielle, énorme consommatrice de resource et d'énergie !
Cette production aujourd'hui dépasse de loin la satisfacton de nos besoins. Elle sert à faire durer un système économique obsolète, dont je ne permettrai pas de dire qu'il ne présenta aucun avantage par le passé, mais qui aujourd'hui a dégénéré en une société de consommation, dans laquelle les gens passent le plus clair de leur vie à produire de l'inutile pour gagner de quoi se payer de l'inutile, afin de sacrifier au culte de la croissance infinie basée sur la transformation de matières premières dont nous disposons, par contre, en quantités finies.
Réduire la production industrielle, c-a-d accepter la décroissance, revient à repenser le modèle du travail et de la rénumération, sans quoi la première zozoséquence de cette réduction serait un chomage massif. La question est: alors que nous sommes arrivés au sommet de la chaîne alimentaire sur cette planète, que notre confort, notre plaisir et notre santé sont en grande partie assurés depuis plusieurs décennies, a-t-on réellement besoin de travailler tant d'heures par semaine pour survivre ?
On évoque rarement cette question dans les débats sur l'énergie car elle touche aux taboux d'un système économique présenté comme une réalité primaire incontournable alors qu'il n'est qu'un ensemble de règles d'invention humaine. Mais cette question est fondamentalement taboue car touche à des valeurs judéo-chrétiennes profondément ancrées, comme la rémunération du travail, c-a-d la nécessité de mériter par la souffrance et l'abnégation, et la peur de ce que serait une société dont les membres renonceraient à se rendre la vie difficile.
Il y a bien sûr un minimum de travaux d'intérêt commun indispensables, et qui devraient relever de la responsabilité civique. Je parle ici d'évolution des mentalités. Je ne prône pas plus l'individualisme et le farniente que le retour à l'âge de pierre. Mais entre ces extrèmes et le dogme actuel, il y a la place pour un équilibre... Et même pour plusieurs équilibres: il faut prendre le risque d'inventer quitte à se tromper. Le champs des possibilités est immense.
...
Entre consommation des ménage et consommation de l'industrie, il y a encore un secteur intermédiaire qui est celui du transport. Là aussi, depuis plus d'un siècle, pratiquement aucun effort n'a été fait pour le rendre énergétiquement efficient. Nul doute que des progrès considérables sont possibles sans nécessairement devoir se remettre à la marche à pied. Mais on en revient à la question du modèle économique: tant que l'énergie sera une marchandise dans une société de consommation, il faudra en vendre, donc en consommer le plus possible. (Si au moins cette énergie n'était pas investie dans le gaspi ! Quel potentiel!)
