La décroissance comme seule issue...?

La question de la prod. d'énergie est indiscociable da la question de la consommation. Ce n'est pas avec les ampoules économiques (qui posent en outre de nouveaux problèmes côté déchets) que l'on va résoudre ce problème. Idées ? Pistes concrètes ?

La décroissance comme seule issue...?

Messagepar gc3 » 09 Mars 2009, 13:15

Je ne sais si les énergies renouvelables peuvent remplacer toute l'énergie fossile et nucléaire, mais de toute manière il n'y a aucune excuse au gaspillage de l'énergie, quelle qu'en soit sa source. Avoir "trop" d'énergie comme ce fut le cas au XXe siècle et le gaspiller faute de savoir à quoi d'autre l'utiliser, c'est manquer d'imagination, de vision. Mais restons sur terre pour l'instant...

Si les énergies renouvelables peuvent assurer le même volume que leurs concurrentes poluantes, ce n'est pas une raison pour ne pas les consommer de manière la plus efficiente possible. Et si elles ne le peuvent pas, raison de plus pour les économiser. (De toute façon il faudra se passer des dangereuses et des poluantes)

Dans tous les cas, je suis convaincu qu'il faut réduire notre consommation, dans les secteurs qui consomment actuellement.

Ces secteurs sont à diviser en deux (ou trois): d'une part la consommation domestique, et d'autre part la consommation industrielle. Et le transport, qui se situe à cheval sur les deux...

Il est bien possible que la consommation domestique puisse être réduite d'un facteur 2 à 10 sans diminution de confort (et cela n'a rien d'étonnant: pour la première fois peut-être dans l'histoire de l'humanité, pendant un siècle de progrès intensif, aucun effort n'a été fait en ce sens), je pense qu'il n'en est pas de même pour la consommation industrielle.

Je n'irai pas par quatre chemins: il faut réduire notre production industrielle, énorme consommatrice de resource et d'énergie !

Cette production aujourd'hui dépasse de loin la satisfacton de nos besoins. Elle sert à faire durer un système économique obsolète, dont je ne permettrai pas de dire qu'il ne présenta aucun avantage par le passé, mais qui aujourd'hui a dégénéré en une société de consommation, dans laquelle les gens passent le plus clair de leur vie à produire de l'inutile pour gagner de quoi se payer de l'inutile, afin de sacrifier au culte de la croissance infinie basée sur la transformation de matières premières dont nous disposons, par contre, en quantités finies.

Réduire la production industrielle, c-a-d accepter la décroissance, revient à repenser le modèle du travail et de la rénumération, sans quoi la première zozoséquence de cette réduction serait un chomage massif. La question est: alors que nous sommes arrivés au sommet de la chaîne alimentaire sur cette planète, que notre confort, notre plaisir et notre santé sont en grande partie assurés depuis plusieurs décennies, a-t-on réellement besoin de travailler tant d'heures par semaine pour survivre ?

On évoque rarement cette question dans les débats sur l'énergie car elle touche aux taboux d'un système économique présenté comme une réalité primaire incontournable alors qu'il n'est qu'un ensemble de règles d'invention humaine. Mais cette question est fondamentalement taboue car touche à des valeurs judéo-chrétiennes profondément ancrées, comme la rémunération du travail, c-a-d la nécessité de mériter par la souffrance et l'abnégation, et la peur de ce que serait une société dont les membres renonceraient à se rendre la vie difficile.

Il y a bien sûr un minimum de travaux d'intérêt commun indispensables, et qui devraient relever de la responsabilité civique. Je parle ici d'évolution des mentalités. Je ne prône pas plus l'individualisme et le farniente que le retour à l'âge de pierre. Mais entre ces extrèmes et le dogme actuel, il y a la place pour un équilibre... Et même pour plusieurs équilibres: il faut prendre le risque d'inventer quitte à se tromper. Le champs des possibilités est immense.

...

Entre consommation des ménage et consommation de l'industrie, il y a encore un secteur intermédiaire qui est celui du transport. Là aussi, depuis plus d'un siècle, pratiquement aucun effort n'a été fait pour le rendre énergétiquement efficient. Nul doute que des progrès considérables sont possibles sans nécessairement devoir se remettre à la marche à pied. Mais on en revient à la question du modèle économique: tant que l'énergie sera une marchandise dans une société de consommation, il faudra en vendre, donc en consommer le plus possible. (Si au moins cette énergie n'était pas investie dans le gaspi ! Quel potentiel!)
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Re: La décroissance comme seule issue...?

Messagepar Jean-François » 10 Mars 2009, 17:10

Pleinement d'accord. Nous devons profiter des crises qui s'accumulent pour redéfinir concrètement ce que nous entendons par "bien-être" et faire progresser l'idée de décroissance. Je regrette cependant le choix de ce dernier mot pour caractériser cette démarche : il exprime négativement une notion positive (il ne s'agit pas d'un retour en arrière, mais d'une nouvelle avancée). Il ne faut pas sous-estimer l'importance des mots. Dans le passé, nous n'avons pas toujours briller dans nos communications. Or nous devons convaincre. De façon urgente. Qui propose un terme positif pour remplacer celui de "décroissance" ?
Jean-François
 
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Re: La décroissance comme seule issue...?

Messagepar noisette1325 » 11 Mars 2009, 19:17

J'ajoute que la publicité joue un rôle important dans notre société de consommation. En effet, la publicité nous incite à consommer toujours plus. En Belgique, nous disposons d'un Jury d'Ethique Publicitaire (JEP). Dans le cas de la campagne de publicité de l'asbl forum nucléaire,, le JEP a remis un avis positif pour cette asbl. Avis sur lequel se repose la gouvernement pour ne pas agir.

Or, selon moi, le JEP contrairement à ses propres propos ne peut être indépendant. Consultez son site web (http://www.jep.be/fr/) et vous serez choqué par son contenu. C'est un organe d'autodiscipline, créé par le secteur de la publicité. L'autodiscipline est peut-être une belle valeur dans un monde idéal, mais dans un monde réel, elle ne fonctionne pas. En Belgique, il n'existe pas d'institut indépendant contrôlant la publicité. Par ailleurs, le JEP se contredit, il se dit rassembler des associations, alors que les membres siègent à titre personnel. Son objectif n'est pas de contrôler la publicité, mais de la promouvoir!!! Pour rentrer dans une certaine décroissance, il faut au contraire diminuer la publicité. L'impact environnemental de la publicité étant négatif, il importe de diminuer celle-ci.

Si vous désirez porter plainte contre une publicité, je vous conseille de ne pas le faire auprès du JEP, car c'est lui donner une justification. Portez plainte auprès du SPF économie. C'est le seul organe compétant. Suivez également les activités de l'asbl Respire (http://www.respire-asbl.be/), qui est très active dans ce domaine. N'hésitez pas non plus à écrire aux membres du gouvernement. Individuellement, cela n'a pas d'effet, mais si chacun le fait, ils seront bien obligés de nous écouter.

A propos de la décroissance, Je préfère parler de décroissance économique soutenable. Afin que les pays les plus pauvres puissent se développer un minimum et échapper à la misère, il faut que les pays les plus riches acceptent de décroître. Consultez les Amis de la terre, ils forment des groupes de simplicité volontaire, qui est un premier pas pour entrer en décroissance. Je conseille également la lecture de ces deux livres d'Hervé Kempf ("comment les riches détruisent la planète" et "pour sauver la planète, sortez du capitalisme").

En ce qui concerne la décroissance de la consommation d'énergie, je suis pour à 100%. Dans cet esprit, les centrales nucléaires qui ont une production constante dans la temps sont à bannir. Elles nous obligent à consommer de l'électricité, même quand nous n'en avons pas besoin.

Bonne réflexion à tous.
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Re: La décroissance comme seule issue...?

Messagepar colibridore » 24 Mars 2009, 09:49

Je suis d'accord avec les 3 messages, et la décroissance économiquement soutenable est certainement la voie d'avenir.
Sauf sur un point de Noisette : les centrales nucléaires n'obligent à rien du tout. Elles fonctionnent "en base" parce que c'est techniquement la meilleure option, mais les citoyens devraient pouvoir obtenir des informations en temps quasi réel sur la consommation d'électricité, afin d'adapter la leur. Et d'ailleurs, ce sera bientot possible (2012 en Belgique) avec les réseaux intelligents, ou on pourra programmer pleins de trucs (pas seulement les lessives) en fonction de l'heure la moins chère.
Curieusement, c'est une option défendue par l'Open VLD, alors que ça conduit très surement à construire moins de centrales "de pointe", alors que le SPA prone la construction massive d'éoliennes offshore en mer du Nord, qui nécessite de construire aussi des centrales de pointe (turbines à gaz un peu polluantes) pour compenser le manque de vent les jours ou il fait très chaud ou très froid.
Dans les deux cas, ça coute très cher, donc c'est pas pour tout de suite...
En attendant, moins consommer c'est certainement indiqué. Et favoriser/subventionner tous les dispositifs qui permettent de moins consommer (isolation surtout), ça bravo.
Mais pour vraiment réduire la conso d'électricité, il faudrait qu'on renonce au café du matin ou qu'on se lève à des heures différentes, ou en fonction du soleil ; et aussi à regarder la télé aux heures de grande écoute (les matches par exemple...). Au lieu d'éteindre l'électricité pendant quelques minutes le 28 mars, ce qui est crétin de chez crétin...
colibridore
 
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Re: La décroissance comme seule issue...?

Messagepar gc3 » 25 Mars 2009, 10:21

Jean-François:
d'accord avec toi. Ce mot "décroissance", je l'ai emprunté ailleurs afin d'exprimer l'esprit de mon intervention en un titre court, mais tu constateras que je ne l'ai pas utilisé dans le texte lui-même... parce que je ne pense pas en ces termes. Et, en effet, un défaut du terme est qu'il est négatif, ou si l'on veut, réactionnel au culte (autoproclamé positif) de la croissance.

Noisette:
J'ai dû restreindre le champ de ma harengue pour ne pas tartiner un thread infinissable... Je n'ai donc pas parlé de la pub, car si j'avais abordé le sujet, j'y serais encore... Mais je suis d'accord avec toi sur son rôle, et je te remercie pour les précisions et tuyeaux.

Une autre restriction que je me suis mis, de peur pour passer pour un illuminé, je vais partiellement la lever ici car tu me tends la perche quand tu dis que l'énergie est un produit de consommation qu'il nous faut donc consommer par n'importe quel moyen (je paraphrase...). Cela est certes regrettable.


...

Au fond, on peut voir la question sous deux angles: soit nous produisons trop d'énergie pour nos besoins réels, soit nous manquons d'imagination pour utiliser l'énergie disponnible dans le sens de réels progrès, ceux-ci pouvant être sociaux, scientifiques, esthétiques, expansionnistes, etc...

Notons toutefois que la notion de besoin est relative. Si l'on s'accorde à dire que fabriquer des Mickey en plastique et manger des fruits exotiques ou hors-saison ne sont pas des besoins réels, et que d'avoir un toit, du chauffage et à manger en sont, les frontières de la notion de besoin sont pour le reste floues. Car un besoin ne peut se définir que par rapport à un objectif. Ce qui, dans un débat aussi vaste que celui-ci nous conduit au bord de la question vertigineuse du sens de la vie... Sans prétendre essayer d'y répondre, je pense pouvoir à la lumière de celle-ci reformuler la question précédente:

Elle reviendrait à savoir si l'on se situe dans une vision, disons "taoiste" de l'existence, ou bien dans une vision "expansionniste". Dans la première l'homme est soumis (comme tout élément de l'univers dont il fait partie) à des cycles d'expansion/contraction, un peu comme une respiration: il en découle l'idée que sa survie passe par une mise en harmonie de son rythme avec ceux du monde. Par exmple: dans cette vision, la croissance démographique sera suivie par une décroissance démographique, que celle-ci soit le fruit d'un choix conscient ou d'une calamité subie. La seconde vision est celle selon laquelle l'homme ne peut augmenter ses chances de survie par rapport aux défis qui l'attendront et le surprendront toujours qu'en se perfectionnant sur tous les plans possibles, voire en prenant une place toujours plus importante dans l'univers.

Vouloir trancher entre ces deux visions, me semble stérile et source de conflit. Mais je suppose qu'un équilibre est possible: aller de l'avant tout entretenant ses arrières.

Je veux me faire aussi l'avocat de l'expansionnisme, car nous ne pouvons pas non plus nier cet espect de notre potentiel. La première vision me semble bonne pour gérer nos acquis, la seconde pour progresser à l'extérieur du champs de nos acquis. Prenons un exemple simple dans lequel nos acquis serait la Terre, et l'extérieur serait l'espace. Une telle expansion devrait être tournée vers de nouveaux défis, de nouveaux terrains et de nouvelles resources à conquérir, plutôt que de se consummer toute l'énergie dont nous avons appris à disposer à tourner en rond autours de petits conforts et de comportements éculés. Par exemple, sur le plan géographique, cela pourrait vouloir dire se tourner vers l'espace puisque nous approchons des limites de notre planête... (Il va de soi que ce n'est qu'un exemple parmis une multitude d'exemples possibles, l'idée étant qu'il vaudrait en tout cas mieux employer l'énergie dont nous disposons à ça plutôt qu'à s'asphyxier davantage.)

Le dysfonctionnement survient lorsqu'une des deux visions empiète trop sur l'autre. Définissons la croissance comme relevant de la vision expansionniste apliquée au champs du matérialisme. Dans notre cas présent, celle-ci ronge nos acquis (au lieu de se tourner vers l'avenir), et la décroissance est la réaction logique de protection desdits acquis. Elle s'inscrit clairement dans la première vision, en tant que phase succédant à la croissance. Or le profit matérialiste, s'il a pu être un moteur de progrès par le passé, il est aujourd'hui un frein (en devenant une fin en soi ?) puisqu'il ne contribue de manière satisfaisante ni à la première vision, ni à la seconde.

...

PS:

Maintenant, je suis sûr que certains critiqueront, à juste titre, les appelations "taoisme" et "expansionnisme" que j'ai choisies pour qualifier les deux visions dont je fais mon propos. Toute autre suggestion sera la bienvenue ;-)

J'ai également conscience d'empiéter sur le domaine des religions et idéologies, ce qui, sur un site plus fréquenté, pourrait déchaîner des débats enflammés. Par exemple: les philosophies orientales tiennent essentiellement de la première vision sur le plan matériel, tandis que certaines tiennent de la seconde sur le plan spirituel. Notre monothéisme par contre dit: allez et multipliez-vous, ce qui est de l'ordre de la seconde, de l'expansionnisme. Encore qu'il ajoute: emplissez la terre et domestiquez-là, ce à quoi nous pourrions aujourd'hui répondre: ok, voilà c'est fait, maintenant quoi ?
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Re: La décroissance comme seule issue...?

Messagepar steff » 20 Octobre 2009, 21:33

Et la paix dans le monde...

:roll: :roll: :roll:


C'est bien beau tout ça, mais 95% des gens des pays riches ne seront pas forcément d'accord pour vivre comme en Biélorussie hein...
Il faut diminuer la consommation, et donc la production intensive. Mais il ne faut pas se leurrer... il faudra une guerre pour imposer ça.

Vas donc dire aux Chinois, qui sortent à peine de leur grotte communiste : "T'as goûté au capitalisme et à la surconsommation hein? C'était bon? Bein maintenant, t'arrête et tu diminue". Je serai curieux de voir leur réaction tiens.
De plus, la population mondiale ne cesse d'augmenter (dans les pays pauvres) et de se réduire (dans les pays riches).
Ne t'inquiète donc pas, il ne va pas falloir longtemps pour avoir deux clans dans nos contrées : les très très riches, et les très très pauvres... Seuls les riches peuvent se permettre de faire une "mode" ou un concept de vie matériellement ascétique. Les pauvres veulent aussi avoir une belle BM ou une villa à la mer tu sais!

Ayant visité pas mal de pays, dits développés ou sous-développés, je peux t'assurer qu'UN seul idéal est universel : la POSSESSION du bien matériel.
En Somalie, ils n'avaient pas un clou pour se gratter le derrière, mais ils avaient tous un GSM... Cherchez l'erreur...
Ou mieux encore, en chine, des milliers "d'ouvriers" (qu'il faut appeler esclaves en fait), vivent et dorment dans des tubes de 1.5m de rayon sur trois mètres de long (des tubes en béton en fait), mais ils ont tous une télé...

Ces exemples pour te dire que oui, quand on a baigné dans l'opulence de nos contrées, on peut se permettre de dire que c'est fini, et qu'il faut absolument changer nos manières de vivre. Mais n'oublie pas que nous ne sommes qu'une INFIME partie sur terre à être considérés comme "riches", et que l'attitude de décroissance, si noble soit-elle, est utopiste, car d'autres pays dits "émergents" prennent le relais et ne sont pas du tout intéressés par cette philosophie...

D'un point de vue PERSONNEL, c'est déjà de cette manière que je vis. Uniquement le nécessaire (pour moi). Mais ce n'est pas pour ça que j'interdis à mon gamin d'avoir une console de jeux, ou de ne pas avoir de tv... La décroissance, ça marche super quand on est célibataire, mais quand on a une famille nombreuse, il faut penser à tout le monde.

Amicalement,

Steff
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