
Le 28 mars 2009
Consommer toujours plus d’énergie, continuer à dévorer cette boule qui est notre seul navire, creuser en fond de cale jusqu’au naufrage et s’arc-bouter sur un raisonnement pétri de « bon sens », sans avoir le courage de reconnaître que ce sont les prémisses de ce raisonnement qui posent problème. Ce refus de penser, cette façon d’écraser le débat avec cynisme nous a mis en colère.
La question n’est plus comment produire la quantité d’énergie dont nous avons besoin (car oui, le nucléaire fait sans doute partie de la réponse, en tout cas dans l’immédiat), mais pourquoi avons-nous besoin d’autant d’énergie ? En quoi la cadence effrénée de notre méga-machine nous importe-t-elle tant ? Pourquoi réduire, diminuer, ralentir sont-ils, dans l’usage commun, des mots tabous ? De quoi avons-nous si peur ? Que risque-t-on à explorer de nouveaux modes de vie moins énergivores ? Pourquoi l’envisageons-nous uniquement sous l’angle de la souffrance alors que c’est un chemin vers le plaisir, la saveur ? Pourquoi feignons-nous d’oublier que derrière « plus » il y a « trop » et que derrière « moins » il y a « mieux » ?
Nous n’éviterons pas la question du comment. Il s’agit juste de reconnaître que nous sommes arrivés à un stade où il n’est plus possible de la dissocier de celle du pourquoi. Si la question est forcément scientifique, technologique, concrète, chiffrée, elle est tout autant philosophique, politique, collective. Nous avons le choix ! Tous ceux qui disent le contraire font du lobby.
Lutter, résister contre ce que nous refusons est indispensable. Sans contre pouvoir, sans organisations telles que Greenpeace, Respire et autres, nous n’arriverons pas à porter le débat sur la place public, à faire plier l’Etat (c’est à dire nous tous), à l’obliger à penser le très long terme... à lui redonner le goût du large et de l’audace.
Car c’est bien de cela dont nous avons besoin de toute urgence : des idées neuves et donc des hommes et des femmes qui cherchent, des inventeurs, des défricheurs, des jardiniers de l’impossible. Chercher, penser, inventer... c’est un travail, un vrai travail. Cela demande du temps (et donc de l’argent
. Voilà le nœud.
C’est là qu’il faut investir massivement, pas dans une campagne publicitaire qui, rappelons-le, aura coûté plus de 2 millions d’euros. Qu’aurait-on pu inventer avec cette somme ? Combien de projets pilotes aurait-on pu financer ? Peu sans doute, mais cela aurait été un bon début... et pas une fin.
Ce soir, entre 20h30 et 21h30, nous serons plusieurs à stopper notre consommation d’électricité. Savez-vous que l’effet exclusivement symbolique (une diminution d’à peine 3% pendant 1h... c’est une goutte d’eau dans un océan) pourrait néanmoins avoir des conséquences étonnantes si rallumions tous en même temps à 21h30 précise ? « Si une variation, sur l’ensemble du réseau européen, dépasse 3000MW, soit 1% de la charge, les risques de black-out, de coupure totale du courant, ne sont pas à exclure. » (source Le Soir d’aujourd’hui)...
Est-ce pour cela que notre cher lobby nucléaire a publié, aujourd’hui dans le quotidien Le Soir, une énième pleine page en reprenant le nom de tous ceux qui ont « fait avancer le débat » comme ils disent (dont l’adresse du présent forum en deuxième ligne) !?

Nous qui voulions nous faire récupérer (cfr la réponse au message par pdandoy sur le vrai forum), c’est maintenant chose faite. Débat, vous avez dit débat !?
Bon black-out !
Je veux raconter ma mésaventure. Lors de la panne mémorable européenne, j’étais en Ardèche. à moins de 100 km, il devait y avoir une dizaine de sources de production électrique (barrages sur le Rhône et autres ouvrages hydroélectriques, Pierrelatte, le Bugey et autres centrales nucléaires,etc.). Pourtant j’ai subi quatre heures de coupure. Mes enfants à Charleroi :rien. Motif : les électriciens européens ont appris à couper les secteurs inintéressants (pas d’hopital, de gouvernement, etc.). Cet hiver, les coupures d’EDF ont été fréquentes en prétextant le poids de la neige sur les cables etc. J’ai été heureux d’avoir un poêle à bois en plus du central ! Je songe à m’éclaires à la bougie... pour ne pas me faire récupérer.
Lors d’un débat franco/français sur le nucléaire, un représentant d’AREVA a annoncé que la production d’électricité nucléaire en France produisait 5Kg de déchets par habitant et par an. (waw c’est peu….mais creusons…)
Sachant que la masse volumique de l’uranium est de 19 Kg par dm³ (prenons 20 pour avoir une borne supérieure), nous obtenons près de 250 cm³ par habitant et par an. (Un dé à coudre est égal à 1cm³) nous avons donc 250 dés à coudre par an en France (pour un seul annoncé en Belgique ! waw on est bon nous les belges, de vrais magiciens !)
Pour être complet et objectif il faut savoir qu’en Belgique 50 % de l’électricité est d’origine nucléaire alors qu’en France elle est de 70%
En appliquant une simple règle de trois (je suis sur que les ingénieurs belges d’Electrabel savent faire ça aussi) nous obtenons pour la Belgique un nombre de dés à coudre de 178 ! waw… toujours au dessus de ce que nous annonce le forum…
Continuons encore…nous sommes depuis 30 ans 10.000.000 d’habitants en Belgique et nous produisons plus ou moins constamment depuis 30 ans la même quantité de déchets nucléaire par an… le calcul qui va suivre est très certainement trop difficile à faire par Electrabel..
178X 30X 10.000.000 de dés à coudre produits depuis 30 ans… et ça donne : Plus de 53 milliards de dés à coudre ! waw ! c’est plus gros qu’un gros, très gros dé à coudre ça ! en « gros » c’est plus de 53.000 m3 de déchets à un temps de vie de plusieurs milliers d’années… un gros dé à coudre tout à fait gérable quoi !
On ne s’arrête pas en si bon chemin continuons avec les mathématiques.. mère de tous bons sens …Pour ceux qui ont vu Arté la semaine dernière on a appris que ce gros dé à coudre de déchets « ultimes » représentait au maximum 10% des résidus produits dans une centrale et que donc 90% des autres résidus sont renouvelables .. WAW ! (via retraitement en mox). Le problème c’est que ces résidus « renouvelables » traînent en quantité énorme en Russie, principal acteur en retraitement pour l’Europe, dehors dans d’immenses parking à ciel ouvert… et que seuls quelques % de ces 90% de « renouvelables » sont effectivement renouvelés….. Il y a donc un gros paquet de de GROS dés à coudre là bas !....enfin c’est pas chez nous et les nuages contournent notre pays… on peut donc en toute bonne fois ne pas s’en inquiéter….
Penchons nous maintenant sur le démantèlement des centrales ou autres installations liées à la production de combustibles ou à son retraitement….ça va nous faire un fameux paquet de dés à coudre aussi une bonne centaine de cœurs de centrales en Europe… et un paquet d’argent !
Par parenthèse, un jour un conseiller de chez Tractebel pour la RW m’expliquait comment on estime le coût d’un démantèlement.(il travaillait sur l’estimation du coût de démantèlement de l’IRE à Fleurus) C’est ma fois assez simple et si je simplifie trop, mon erreur ne doit pas dépasser un ordre de grandeur…Il m’expliquait qu’on multipliait les m³ de tel ou tel matériaux par un coefficient de coût…donc il y a quelques années, un calcul a été fait par Electrabel plaçant très correctement tous les bons coefficients en face des bons matériaux et de leur volume.. Il en ressort un coût total qui est d’ailleurs réintégré proportionnellement dans le coût du KWh que nous payons... très bien ..à priori. Mais ce que ce spécialiste m’a dit c’est que ces coefficients ont tendances à doubler, tripler,… au fur et à mesure que l’expérience des « démenteleurs » s’affine ce qui est parfaitement logique. Des difficultés sur le terrain ne pouvaient être prévues ….Et sur quelles base de coefficients nos amis d’Electrabel ont-ils calculés le coût de leur démantèlement ? un coefficient trop élevé rendrait le prix du KWh prohibitif…..Ont-ils choisis des coefficients « économiques » et non mathématique ? Des questions parlementaires devraient être posées à ce propos…
Voilà quelques idées toutes simples compréhensibles…n’acceptons pas les arguments « assommoirs » jouant avec notre pseudo incompétente scientifique pour nous faire taire…une logique toute simple démonte en une page quelques arguments de nos amis du forum….
Bonne diffusion de ces lignes et surtout ne vous laissez plus faire face à cette pseudo complexité « complexante » et inhibante !
Bien à vous
Michel
Physicien théoricien et économiste
Cher Michel, physicien, théoriceien et économiste... j’ai beaucoup aimé votre analyse « simpliste » et vos calculs simples. Néanmoins, permettez moi de faire quelques petites corrections : les 5kg de déchets par personne : sont ce bien les déchets de haute radioactivité ? non ! donc votre calcul basé sur la masse atomique de l’Uranium est faussé. Le déchet produit a-t-il la densité de l’Uranium ? de nouveau Non, même pour les déchets de haute activité ! (pour un physicien, vous m’étonnez un peu de na pas avoir fait attention à cet aspect de densité). Un peu plus loins, vous reprenez l’amalgame en mentionnant les 58.000 m³ de déchets à un temps de vie de plusieurs milliers d’années !!! Car effectivement, les déchets belges de basse activité (et à courte demi-vie) représentent pas loin des 60.000 m³ que vous citez... mais ils ont une durée de vie qui les rend moins radioactifs que la terre qui les entoure dans une durée de 200 à 300 ans (où sont les milliers d’années ??). Pour le démantèlement enfin : savez vous justement qu’en Belgique, on a une des meilleures base de données à ce sujet, car on a démantelé un vrai réacteur PWR (à Mol) et que l’on peut à paryir de là mieux extrapoler aux centrales du même type. De plus, en Europe, on a déjà démantelé, jusqu’au bout (cad retour à l’herbe) plusieurs centrales nucléaires ; en maitrisant les couts ! Clamer, sans savoir, que les couts de démantèlement de centrales sont incontrolables est de la pure invention ; et cela ne me semble pas logique de la part d’un scientifique, économiste par surcroit ! Bien cordialement
Moi j’ai lancé une boite dans l’audit énergétique et on a décidé de récupérer la pub du forum pour expliquer l’audit énergétique aux gens et les amener notre site.